La SAT aura un nouveau visage dès 2010
Le Devoir
Isabelle Paré
Édition du vendredi 13 février 2009
Mots clés : Axel Morgenthaler, Société des arts technologiques, Culture, Construction, Montréal
La nouvelle façade de la SAT, faite d'une série de blocs de verre et de béton noir et rouge, se déploiera sur quelque 38 mètres de hauteur.
Image: Jonathan Desjarlais
Cocon créatif par excellence, la Société des arts technologiques (SAT) se fera chrysalide au cours des prochains mois pour renaître en 2010, dans une enveloppe audacieuse et futuriste déployant sur 32 000 pieds sa frénésie créative.
Le haut lieu montréalais de l'innovation en arts technologiques a dévoilé hier soir le plan architectural qui permettra une expansion majeure de ses quartiers du boulevard Saint-Laurent et l'intégration dans ses murs de six oeuvres d'artistes internationaux, dont une de Jean-Jacques Lemêtre, proche collaborateur de la dramaturge Ariane Mnouchkine, du Théâtre du Soleil.
Conçu par la firme Nomade architecture, la nouvelle façade de la SAT, faite d'une série de blocs de verre et de béton noir et rouge, se déploiera sur quelque 38 mètres de hauteur. Le dernier étage sera surmonté d'une terrasse et de la SAT[osphère], une demi-sphère de 18 mètres de diamètre qui deviendra un lieu de prédilection pour la création d'environnements immersifs. Marquée par de grandes ouvertures, la façade de la SAT sera ouverte sur la rue, qu'on veut utiliser comme un théâtre urbain, a fait valoir hier sa directrice générale, Monique Savoie.
«On est ravis de pouvoir compléter la SAT initiale, qui est déjà devenue un modèle pour plusieurs villes, a-t-elle dit. La SAT, c'est un centre d'innovation et de création rendu possible par la rencontre d'artistes, de techniciens et de scientifiques.»
Avec ce «terrain de jeu» élargi, la SAT, imitée à Paris et à Lyon, veut s'assurer de rester le chef de file dans le domaine des arts technologiques -- qui compte plus de 120 000 emplois à Montréal avec la présence d'Ubisoft, Electronic Arts et consorts -- et de demeurer l'incubateur de choix de centaines d'artistes. «L'espace de la SAT était un ancien marché. Nous avons voulu que la SAT demeure un marché aux idées. Ce sera un catalyseur pour la renaissance du boulevard Saint-Laurent et la mise en valeur du Quartier des spectacles [QdS]», soutient Martin Leblanc, de Nomade architecture, la firme qui a réalisé le Centre des femmes de Montréal, plusieurs projets culturels en Chine et dessiné le pavillon Shanghai 2010 pour le Cirque du Soleil.
Avec ses locaux agrandis, à la fine pointe de la technologie, la future SAT accueillera les oeuvres immersives de six artistes, dont celle du Québécois Axel Morgenthaler, qui habillera de ses pixels mouvants la façade du bâtiment.
Inspirée d'une peinture de Matisse, l'oeuvre de Morgenthaler Pixieness sera une persienne géante, animée de projections changeantes, qui enveloppera de sa peau lumineuse la façade de la SAT. Les visiteurs pourront aussi goûter à Babel symphonie, une oeuvre sonore unique de Jean-Jacques Lemêtre, créée à partir de l'enregistrement de 1800 langues et dialectes du monde entier, qui pourront être visualisés en temps réel sur une immense mappemonde projetée au plafond d'une salle d'écoute. Un aquarium interactif, une SATinoire utilisant la glace comme surface de projection sur la terrasse ainsi qu'une création de Pascal Boucher nommée L'Entité, sorte de fantôme numérique abstrait capable d'interagir avec les visiteurs, compléteront le futur visage de la SAT.
http://www.ledevoir.com/2009/02/13/233408.html (13/02/2009 13H25)



Répondre avec citation





Liens sociaux