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Discussion: Traffic traffic everywhere!!

  1. #51
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    Les embouteillages pourraient coûter cher au consommateur

    Par la fenêtre de son bureau, au bord de l'autoroute 20, dans l'ouest de Montréal, le PDG de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, assiste chaque jour au phénomène auquel doivent quotidiennement faire face les entreprises membres de son regroupement: une file interminable de camions et d'automobiles s'étire, parechoc à parechoc, pour se frayer un chemin jusqu'en ville, via l'échangeur Turcot.

    C'est pareil, presque 12 heures sur 24, sur la Métropolitaine. L'autoroute Décarie se transforme régulièrement en stationnement en début d'après-midi. Et on ne parle même pas du pont Champlain. Que ce soit pour sortir de l'île de Montréal ou pour y accéder de la Rive-Sud, les embouteillages monstrueux font perdre une fortune aux transporteurs en carburant et en heures supplémentaires payées aux chauffeurs.

    Alors que les grands chantiers ne font que commencer à Montréal, «l'avenir s'annonce fort préoccupant pour les transporteurs», affirme M. Cadieux, qui représente les plus grandes entreprises de camionnage du Québec.

    Dans les derniers mois, des transporteurs du Québec, de l'Ontario et des Maritimes ont demandé à la Freight Carriers Association (FCA), de recommander l'imposition d'une «surprime à la congestion» à Montréal.

    La FCA est un organisme pancanadien qui a notamment pour mandat de proposer les augmentations annuelles des coûts du carburant dans chacune des provinces.

    L'organisme avait émis une recommandation semblable pour Vancouver, pendant la durée des Jeux olympiques, en raison de sévères restrictions imposées à la circulation des camions pour des raisons de sécurité.

    Il s'agissait toutefois d'une mesure temporaire, qui fut d'ailleurs peu suivie. Jamais auparavant une telle mesure n'avait été proposée pour un territoire donné en raison de conditions de congestion prolongée.

    «Malgré toute la bonne volonté des autorités pour gérer le trafic (ou ça??), ajoute M. Cadieux, on n'aura pas le choix d'augmenter les tarifs facturés à nos clients. On ne peut plus transporter des marchandises à Montréal au prix actuel. Il y a 10 ans, un camionneur faisait jusqu'à trois voyages aller-retour par jour dans le port de Montréal. Aujourd'hui, on en fait un. La seule façon de rééquilibrer l'équation passe par une hausse des tarifs».

    Collaboration difficile

    Sans nécessairement partager ce point de vue, le chercheur Ayoub Moustakbal, de l'Université du Québec à Montréal, croit qu'un choc tarifaire ou une succession de problèmes d'approvisionnement dans les entreprises et les commerces pourraient être salutaires à une industrie où la collaboration entre partenaires demeure aussi exceptionnelle que difficile.

    Dans le cadre d'un travail de maîtrise en administration des affaires sous la direction du professeur Yvan Bigras, M. Moustakbal a sondé durant deux ans les préoccupations et les stratégies de dizaines d'entreprises de camionnage de la région métropolitaine afin de documenter les impacts de la congestion routière sur la circulation des marchandises.

    Une nette majorité des entreprises (82,5%) se sont dites préoccupées par les impacts de la congestion, révèle son mémoire de plus de 140 pages, rendu en mars 2009.

    L'industrie a mis de l'avant plusieurs stratégies, a-t-il constaté: livraison en dehors des heures de pointe, camions plus petits, systèmes de transport intelligents, ententes avec les clients, consignataires et expéditeurs pour favoriser les livraisons hors pointe.

    Dans une des rares études indépendantes consacrées aux impacts de la congestion routière sur le camionnage, la plupart des directions d'entreprises questionnées par ce chercheur ont qualifié de «moyennement satisfaisants» les résultats de ces initiatives. Au mieux.

    «Le concept de collaboration entre les partenaires de la chaîne logistique (expéditeurs, transporteurs, clients, etc.) n'est pas encore très avancé, a expliqué le chercheur à La Presse. On a plutôt l'impression, dans la plupart des cas, que les transporteurs préfèrent absorber les coûts additionnels plutôt que de chercher des solutions hors de l'entreprise.»

    Aux Pays-Bas, affirme M. Moustakbal, la création de «centres logistiques» a permis d'atténuer les impacts de la congestion sur la circulation des denrées, en «détournant» les livraisons vers des dépôts situés en périphérie des villes et des zones de congestion.

    De là, les transporteurs ramassent les marchandises dans des camions plus petits et mieux adaptés à la circulation urbaine pour les livrer à leurs clients.

    Depuis plusieurs années, l'implantation de «pôles logistiques» semblables a été envisagée à Contrecoeur, Longueuil (Saint-Hubert), Delson et Les Cèdres, le long de l'autoroute 30, qui devrait être terminée d'ici à 2012. Mais l'intérêt des entreprises de camionnage demeure, à ce jour, plutôt timide.

    «À cause de la pression constante qu'exerce le mode de livraison "juste à temps" et des conditions de circulation qui deviennent plus difficiles, croit M. Moustakbal, des magasins et des entreprises risquent fort de se retrouver de plus en plus fréquemment en rupture de stock parce que des transporteurs ne pourront pas livrer les marchandises dans les délais prévus.»

    À ce point, estime-t-il, «ils vont peut-être réagir».

    http://www.cyberpresse.ca/actualites...1_accueil_POS1
    "Everything in life is somewhere else, and you get there in car." - E.B. White

    Citation Envoyé par Cataclaw Voir le message
    The only reason ... is the free indoor parking. Free.. indoor.. parking. No hassles. Blizzard 50cm snow? No problem.

  2. #52
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    Bruno Bisson
    La Presse

    Les malheureux automobilistesen provenance des banlieues,au nord et au sud de Montréal, perdent chaque année plus de trois journées complètes de leur vie dans la congestion routière du matin. Et ils en perdent autant en fin d'après-midi quand ils empruntent les ponts de l'île en direction inverse pour rentrer chez eux.

    En effet, si on mettait bout à bout les retards causés quotidiennement par la congestion du réseau routier métropolitain (voir les données dans la carte ci-contre) pour 200 jours ouvrables par année, on en arriverait à ce résultat. Mais aussi éloquente soit-elle, cette image est toutefois trompeuse. Elle ne traduit que la vision la plus extrême de la réalité quotidienne des difficultés de la circulation automobile, durant les périodes de pointe.

    >>> Consultez la carte des temps de retard

    Dans les faits, selon la plus récente étude quinquennale sur les coûts de la congestion routière, publiée l'an dernier par le ministère des Transports du Québec, plus de 77% des automobilistes qui prennent la route entre 6h et 9h du matin, dans la région métropolitaine, subissent moins de cinq minutes de temps additionnel de déplacement dû aux embouteillages quotidiens.

    Les automobilistes qui traversent chaque jour l'un des 15 ponts donnant accès à l'île de Montréal - et qui sont les seuls à souffrir de retards moyens de plus de 20 minutes dans la congestion matinale - représentent, pour leur part, un peu plus de 18% de tous les déplacements en automobile durant les périodes de pointe. La vision extrême des conditions de circulation dans la métropole touche donc moins d'un automobiliste sur cinq, en moyenne.

    La goutte et le vase

    Les données compilées pour le compte du MTQ n'offrent toutefois, elles-mêmes, qu'une image partielle de la réalité de la congestion routière métropolitaine. D'abord, parce qu'elles mesurent uniquement les effets de la congestion dite «récurrente», associée aux périodes de pointe. La congestion dite «incidente», causée par des accidents de la circulation ou par les chantiers routiers, n'est pas prise en compte parce qu'on ne connaît toujours pas de méthode satisfaisante pour la mesurer avec précision.

    Ainsi, des embouteillages monstrueux comme celui qui a paralysé le pont Champlain durant plus de 10 heures le 2 juin dernier, par exemple, n'entrent pas dans les calculs des coûts socioéconomiques de la congestion, estimés en 2009 à plus de 1,4 milliard.

    Ce jour-là, un entrepreneur en construction a rouvert un chantier, vers 5h du matin, sans remplir une dénivellation de plusieurs centimètres de profondeur, qu'il avait creusée dans la chaussée du pont pour réparer un joint de dilatation. Petite cause, grand effet: la file d'attente des véhicules s'est étirée sur des kilomètres, et les débordements se sont fait sentir sur tous les autres ponts qui relient la Rive-Sud à l'île de Montréal, durant toute la journée.

    Cet incident illustre ce que le président de la firme Trafix et ingénieur en circulation, Ottavio Galella, appelle «le principe du vase et de la goutte d'eau», et qui s'applique au réseau routier métropolitain qui, aux heures de pointe, fonctionne à saturation depuis déjà deux décennies.

    «Lorsque le volume de la circulation automobile commence à dépasser la capacité théorique d'un réseau routier, explique-t-il, il suffit qu'on ajoute une très petite quantité de véhicules pour que tout le réseau se mette à déborder. Il a été démontré scientifiquement qu'en ajoutant seulement 10% de véhicules dans un réseau déjà saturé, le niveau de congestion additionnelle causée par ce surplus peut s'élever jusqu'à 200%.»

    Les deux dernières études sur la congestion routière à Montréal ont d'ailleurs relevé ce phénomène, qui s'amplifie d'une étude à l'autre. Ainsi, de 1993 à 1998, le volume de la circulation s'est accru de 17% en périodes de pointe à Montréal, alors que le niveau de congestion a augmenté de 54% durant la même période.

    De 1998 à 2003, l'effet avait presque doublé: alors que le volume des automobiles a augmenté de seulement 8%, le niveau de congestion a grimpé de 49% sur les réseaux artériels et autoroutiers de la métropole.


    Une lutte utopique

    Ces effets exponentiels font dire au responsable des dossiers de transports au Conseil régional de l'environnement de Montréal, Daniel Bouchard, que la «lutte contre la congestion est un combat utopique».

    «Dès qu'on réduit un noeud de congestion à un endroit donné, on envoie le message à tous les automobiliste qui attendent, un peu plus loin, que la circulation passe mieux à cet endroit. Et dans le temps de le dire, l'espace libéré se remplit de nouveau, et redevient aussi congestionné qu'avant», affirme M. Bouchard.

    Selon lui, la «question de la congestion» doit se poser autrement dans la métropole. Au lieu de chercher des moyens pour tenter de l'éliminer, on devrait plutôt se demander «avec quel niveau de congestion on est prêt à vivre».

    En ce sens, «je pense que l'attitude responsable que les autorités (de la Ville de Montréal et du ministère des Transports du Québec) devraient adopter, c'est d'offrir un choix aux automobilistes en bonifiant de manière importante les services des transports en commun», pour que chacun dispose d'un moyen de se déplacer efficacement, sans subir trop de retards.

    À partir de là, estime-t-il, «le choix d'utiliser ou pas la solution de rechange qu'on leur propose revient à chaque personne», peu importe d'où elle vient. Et à chacun de décider combien de jours de sa vie il est prêt à gaspiller dans les bouchons matinaux de la circulation...
    http://www.cyberpresse.ca/actualites...5_article_POS1
    So live this day that you can look every damn man straight in the eye and tell him to go to hell.

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