Maclean's November 9th Issue
by , 27/09/2010 at 10h58 (564 Affichages)
Je partage entièrement ta réaction, il faut parfois leur servir la même médecine pour faire comprendre les dérives maladives de certains anglos du ROC qui carburent depuis des années au "Québec bashing". Car il est bien clair qu'ici comme dans les articles précédents du Maclean's et autre journaux du même groupe de médias, qu'on ne cherche pas à informer le public mais plutôt à influencer négativement sa perception de l'image du Québec. Cela m'apparait totalement inacceptable et indigne de la profession de journaliste où que ce soit au pays.
Il y a une marge entre raconter des faits objectivement et celle d'interpréter ces mêmes faits, en les choisissant particulièrement, les interprétant hors contexte, et en les assimilant à une caractéristique nationale qui dépeint la culture québécoise comme étant méprisable et inférieure à celle du Canada anglais. C'est faire preuve de la pire mauvaise foi, qui est déjà contraire à l'éthique journalistique. En plus c'est aussi une démonstration claire d'un certain racisme, pour ne pas dire d'un racisme certain, vis à vis d'une partie importante de la population canadienne qui a droit au même respect qu'à son ensemble.
Les scandales et la corruption ne sont pas des faits culturels, ils sont présents dans tous les milieux où notamment le monde interlope est bien établi. Malheureusement ici comme ailleurs, les groupes criminalisés ont une longue tradition de malversation et de copinage avec le pouvoir, qui est très difficile à endiguer et gangrène le monde, en général, depuis des lustres.
Heureusement d'ailleurs que tous ces scandales sortent de l'ombre, car ils démontrent clairement l'intolérance que les québécois ont développée vis à vis du phénomène, tout autant que l'intérêt et la volonté déterminée de notre société à épurer ses moeurs politiques et économiques, qui je le répète, sont présents dans tous les milieux où l'argent circule, ici comme ailleurs, et même à l'ONU, institution pourtant respectée et respectable.
C'est donc faire preuve d'aveuglement et d'incompréhension crasse, que de dénoncer cette recherche de vérité, qui est tout à notre honneur, et qui devrait déboucher éventuellement dans une plus grande transparence et un meilleur contrôle des relations de l'État avec les divers intervenants économiques. A ce propos je dirais que le Québec est en avance sur le ROC, puisqu'ici le ménage est bien commencé et que là-bas c'est encore "business as usual" par un silence complice et complaisant.
Quant au magazine lui-même, utilisé comme outil de propagande haineuse et de provocation. Il mérite d'être littéralement brûler sur la place publique en symbole légitime de notre intolérance et de notre rejet en bloc, de cette attitude condescendante et de ce refus de cohabitation pacifique avec le quart de la population du pays. Qu'on ne se surprenne pas ensuite de la montée du séparatisme et de la volonté de briser leur "beau pays", puisque nous sommes perçus comme indignes de faire partie de leur société "distincte".
Je terminerai en interprétant psychologiquement cette propension au dénigrement, si caractéristique du ROC et si bien illustrée dans leur dérive journalistique, qu'elle est symptomatique d'un complexe d'infériorité causé par l'ombrage de la vivacité et du dynamisme de la nation et la culture québécoise.
En effet petit peuple que nous sommes, nous gagnons un nombre démesuré de médailles sportives par rapport à notre population; nous brillons sur la scène mondiale par nos productions culturelles et produisons l'extrême majorité du bon cinéma "canadien" tout comme la musique et les arts en général. Nous avons notre propre "star system" que nous exportons aussi allègrement, une histoire riche et des témoignages patrimoniaux uniques et dignes d'admiration. Un territoire géographique d'un grand intérêt, développé et diversifié où il fait bon vivre, et surtout cette joie de vivre caractéristique, insolente à leur yeux tout en étant secrètement enviée.
Il est n'est donc pas surprenant que le Québec fasse des jaloux et que l'on soit perçus à tort comme des compétiteurs. Ils sentent donc tout naturellement le besoin de nous diminuer, pour mieux paraitre à leur propres yeux, parce que presque rien (ou si peu) ne les distingue de leur voisins américains qui absorbent et diluent leur mince création culturelle. Ainsi pris entre deux nations qui leur font ombrage, ils tapent sur le plus petit parce qu'ils craignent le plus grand, mais à force de semer le vent, ils risquent un jour de récolter la tempête.
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