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Contraventions aux musiciens de rue - un centre-ville moins vivant?

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Citation Envoyé par acpnc Voir le message
Le Quartier des Spectacles n'est-il pas dans Ville-Marie? Donc sous la "juridiction" du poste 21? Ne devrait-on pas alors appliquer le même règlement sur le bruit et les instruments de musique pour le Festival de Jazz qui "dérange" autrement plus fort? Y-a-t-il une logique pour les gros et les petits? Les gros peuvent tout faire et les petits n'ont qu'à bien se tenir, (la Ville vous a à l'oeil) .

Dans toutes situations il faut utiliser son jugement, les règlements sont là pour encadrer et éviter les excès, il faut donc analyser le contexte avant de les appliquer aveuglément. Pour un imbécile, c'est toute la police qui est éclaboussée et qui devrait remettre les pendules à l'heure, et bien sûr la Ville par surcroit. Puisqu'il ne semble pas y avoir eu plainte, comment alors justifier l'application arbitraire d'un règlement? On ne peut être juge et partie et ici la police a mis les "deux chapeaux" en se substituant au citoyen, tout en administrant pour la Ville.

C'est un comportement pitoyable et méprisable digne des sociétés de droite, une direction que les montréalais refusent de prendre, avec raison. J'ai lu tous les commentaires sur le sujet au JdM et tous sont unanimes, ils dénoncent l'abus et l'injustice commis à l'endroit de ces amuseurs publics qui participent sainement à l'animation de la rue.

Le premier rôle de la police est de protéger les citoyens contre le crime et la violence, une tâche indispensable dans toute société civilisée. Et on sait que Montréal, sans être parmi les pires villes dans le domaine, a sa part de petits et grands criminels, gangs de rue et mafias. Suffisamment pour occuper l'ensemble du corps policier si on veut vraiment les éliminer. Ironiquement, dans plusieurs situations la police tolère, parce qu'elle dit un peu trop souvent qu'il n'y a pas de plainte.

Mais alors face à des gestes pacifiques mais encadrés par un règlement municipal, plaintes ou pas, on peut sévir puisque c'est rentable et cela procure un revenu immédiat à la Ville. Un raisonnement que je qualifie d'indécent et d'odieux, indigne de l'attitude de "bon père de famille" que la Ville devrait avoir vis à vis du citoyen payeur de taxes. En démocratie le pouvoir ne peut se substituer au citoyen, il est plutôt mandaté par ce dernier pour représenter le plus fidèlement possible ses valeurs et ses aspirations, quelque soit le niveau de gouvernement. Ici on déroge abusivement de ce principe et on doit le dénoncer vigoureusement.

Quand j'analyse cet état de fait, je vois beaucoup de similitudes avec le comportement abusif des jus Lassonde contre une petite entreprise privée qui fait déjà les manchettes, et qui a entrainé une vague de protestation sans précédent sur les médias sociaux. Pourquoi alors ne pas refaire le même exercise pour ces musiciens de rue, en forçant la Ville à réparer les torts causés injustement.

Les médias sociaux sont une nouvelle réalité avec laquelle tous les gouvernements, entreprises et organismes doivent apprendre à composer. Ils reflètent la volonté du peuple et son désir de sanctionner directement les abus et les dérives du pouvoir quand la justice ne remplit plus son devoir. C'est une sorte de disjoncteur, qui déclenche une alerte, en affirmant clairement la volonté d'une majorité de moins en moins silencieuse.

Comme le phénomène a déjà renversé des dictatures et forcé la main à des multinationales, c'est devenu un contre-pouvoir puissant qui trouve sa place dans un monde de plus en plus épris de justice et d'équité. N'hésitons donc pas à nous en servir pour les petites et grandes causes, tout en souhaitant cependant que nos dirigeants, publics et privés, sauront apprendre rapidement à se discipliner eux-mêmes.
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